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Pourquoi j’ai appris à coudre

Mis à jour : août 22


En réservant ma place dans un cours d’initiation à la couture dans les dernières semaines de 2018, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. J’avais surtout besoin de me changer les idées, de voir de nouvelles têtes car ça n’allait pas au travail. J'ai vite découvert un réel plaisir dans la couture, auquel je ne m’attendais pas. Je vous donne 7 excellentes raisons de vous mettre à la couture!



1. La joie de se découvrir de nouveaux talents insoupçonnés Dans les premiers temps, on se découvre de nouveaux talents cachés, qu’on ne soupçonnait pas. Nombreuses ont été mes amies à me confier qu’elles étaient également intéressées, mais ne se sentaient pas capables de manipuler une machine à coudre. Laissez-moi donc vous rassurer dès maintenant: personne n’à vu le jour avec un talent inné pour la couture! A la suite de mon initiation à la couture, je crois qu’en réalité j’ai surtout continué, afin de pouvoir me dire que j’avais vraiment essayé et que j’avais fini par réussir un projet couture. C’est ce sentiment de réussite à la fin des projets auquel on devient assez rapidement accro.


2. Le charme unique du fait main

Avant de maîtriser la machine à coudre et les différents aspects techniques de la couture, il y a évidement de nombreux échecs en chemin. J’ai eu beaucoup de mal au début à cerner ce qui était difficile pour mon niveau de ce qui était réellement difficile même pour un public initié. Les poches passepoilées par exemple, ou encore la fermeture invisible sans pied de biche spécial fermeture invisible, m’ont valu de nombreuses heures à faire, refaire, refaire encore, et encore. Certains échecs arrivent au cours d’un projet, et là il faut décider si l’on continue, défait et recommence, ou bien si l’on arrête le projet. Evidemment, certains problèmes sont pires que d’autres: sur ma première belle robe Atelier Charlotte Auzou, pour laquelle j’avais acheté un beau tissu viscose imprimé Emporio Armani, je me suis rendue compte après l’avoir portée plusieurs fois que le tissu etait cousu sur l’envers sur le devant de la jupe 😅🤦🏼‍♀️ Sur mon premier top crée à partir d’un patron maison, j’ai brûlé légèrement la pince poitrine au fer car j’avais oublié la matière principale. En fin de compte, je suis fière de tous ces projets, car ils me rappellent aussi de mon apprentissage et du chemin parcouru. Je vous raconterai bientôt comment progresser rapidement dans un prochain article, où je rassemblerai tous les comptes Instagram, tous les sites, toutes les chaînes YouTube qui m'ont aidé au fil des projets.


3. L’amour des choses bien faites

Après les échecs dont on se relève, place aux grandes réussites. On reste en termes cordiaux avec sa machine, on travaille plus vite et mieux, on se pique moins les doigts et on ne rechigne même plus à repasser les coutures.

Dès lors les projets sont plus beaux les uns que les autres, et bien plus beaux que nombre des produits du prêt-à-porter. Un conseil que ma prof m'a donné lors de mon cours d'initiation à la couture: regarder attentivement comment les vêtements du prêt-à-porter sont fait, déceler lesquels sont de qualité et lesquels sont bâclés.


En consequence, j’ai d’une part été rapidement beaucoup moins tentée d’acheter des vêtements du commerce dont je sentais que je pourrais les réaliser moi-même, et d’autre part j’ai appris à comprendre un peu mieux ce qui explique le prix d’un vêtement: est-ce le tissu en lui-même? le coût de main d’œuvre pour réaliser un vêtement à la coupe compliquée? le coût de main d’œuvre du créateur qui a imaginé une création vraiment originale?


Très vite, je me suis trouvée plus impressionnée et admirative encore des créateurs les plus entreprenants et extravagants (Iris van Herpen, Jean-Paul Gaultier, Rei Kawakubo pour Comme des Garçons...). Apprendre à coudre et y mettre son cœur, c’est aussi entretenir son amour des choses bien faites, et son respect pour le savoir faire et le génie des créateurs.


4. Pouvoir s’offrir des vetements sur mesure à moindre coût

Le drame d’avoir acquis le goût des belles choses, c’est de ne plus être capable d’accepter le reste. Une fois qu’on s’est habitué à porter des vêtements en crêpe de soie (pensez robe de mariée par exemple) difficile de porter du lin qui gratte ou du coton qui se déforme, de même qu’on met plusieurs jours à se remettre d’un dîner gastronomique renversant. J’en ai fait l’expérience récemment 😅

La bonne nouvelle, c’est qu’en apprenant à coudre, vous pourriez bien vite être capable de réaliser de très belles pieces - sur Instagram, il y a toute une partie de la communauté couture qui propose des hacks Sézane et autres grandes marques. À vous les petites robes, blouses et pantalons pour, selon le tissu choisi, parfois une fraction infime du prix en magasin! Par exemple, Laomaol a récemment proposé un hack d’une jupe Sezane (valeur 90€) à partir de la jupe SisterMini de Vanessa Pouzet (valeur du patron pdf 7,90€).


5. Choisir tout de A à Z

Souvent il m’est arrivé d’avoir des vues sur une pièce en boutique, mais de ne pas aimer la couleur disponible, ou de ne pas trouver la taille parfaite. Par exemple, il y a encore quelques années le marché du prêt-à-porter responsable était encore assez limitée, aussi il n’était pas rare de se trouver devant un dilemme entre acheter ce pantalon eco-reponsable assez onéreux, et un autre pantalon plus proche de ce que vous cherchiez en terme de style et de budget.

En apprenant à coudre, vous prenez le contrôle absolu, du patron au tissu en passant par les boutons, le fil, la fermeture éclair, les elastiques. Vous décidez de tout, TOUT. Rares sont les aspects de nos vies où l’on a tant de liberté: au travail, on choisit rarement ses collaborateurs, ses projets, son bureau; à la maison, on choisit souvent en faisant des compris avec son conjoint, ses enfants ou ses parents. La couture est un ces domaines réservés où vous pouvez exercer vos désirs souverains.

Pour ma part, j’ai fait le choix de coudre de manière la plus responsable possible. Quitte à faire ses vêtements soi-même, autant faire les choses bien! Je vous proposerai bientôt un post à ce propos, où je vous expliquerais comment progresser en couture tout en restant dans une démarche responsable.

6. Alimenter sa créativité

La couture m’a aidé à découvrir comment nourrir ma créativité, y compris dans mon travail. Un peu trop perfectionniste sans doute, je me trouve souvent bloquée par tant de liberté créative, un peu comme la fameuse angoisse de la page blanche si commune aux auteurs et aux journalistes.

Les projets prennent alors beaucoup, beaucoup de temps, et deviennent le sujet de nombreuses tergiversations qui peuvent s’avérer, en fait, assez stériles. Chaque personne a sa méthode créative, il s’agit simplement de trouver la sienne: certains collectent des images afin d’y puiser de l’inspiration, d’autres ont leurs propres idées très précises en tete, d’autres encore font des carnets de tendances. Sur instagram, @Camille.msc et @charlene_hands propose régulièrement des "revues de patrons", dans lesquelles elle fait une selection de produits des grandes marques de prêt-à-porter (Balzac, Sézane, Des Petits Hauts, ....), puis propose un patron proche de l'original. La créatrice Charlotte Auzou fait également des carnets de tendances, et montre comment utiliser ses patrons de robes personnalisables afin de les réaliser.



Pour moi, ce qui a fonctionné le mieux, en particulier durant le confinement, a été de prendre au hasard un patron de la collection — c’est tombé sur la Blouse Prague d’Orageuse — puis de prendre au hasard un tissu compatible — une belle viscose verte d’Atelier Brunette. Munie du patron et du tissu, je me suis ensuite plongée dans le projet avec plaisir. Cette méthode créative, je l’ai depuis appliquée dans mon travail de chercheur, et y ai trouvé beaucoup de satisfaction.


7. La couture pour prendre soin de soi

Apres un an et demi de couture, la conclusion est claire: la couture a été une véritable manière de prendre soin de moi-même. Elle m’a permis de m’investir pleinement dans un nouvel apprentissage excitant, tout en partant à la rencontre d’une communauté accueillante et bienveillante aussi bien virtuelle que réelle. je pense aux nombreux commentaires sur instagram qui ont toujours le mot gentil, le mot d’encouragement ou d’entraide. La couture m’a également permis de devenir une personne plus patiente avec moi-même et avec les autres, capable d'apprécier la lenteur des choses qui nécessitent leur temps. Au 21e siècle, alors que nous sommes de plus en plus connectés et stimulés en permanence, de plus En plus de gens redécouvrent le plaisir de la lenteur, sa nécessité aussi. Et pourtant la couture m’a apporté plus encore: elle a nourri mon estime personnelle, dans mes échecs comme dans mes réussites, à chacun des défis.

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